Nous n’avons parlé que de lui partout (alors pourquoi pas moi ?)…la star poids-lourd toute catégorie du web et des conversations-grenadine en terrasse, l’idole (ou la bête noire ?) des supporters et pronostiqueurs du ballon rond qui a eu raison des plus sceptiques…
Mascotte malgré lui (exit Footix), je ne parle évidemment pas de Casillas ou de Domenech-ta-mère mais bel et bien de Paul, ce poulpe-devin qui est arrivé à tenir en haleine, par ses performances tentaculaires, la planète foot pendant plusieurs semaines (et le reste du monde d’ailleurs, fasciné par tant de talent prémonitoire).
Hasard ? Supercherie ? Intelligence Artificielle ? Quoiqu’il en soit, de l’opinion publique à la sphère médiatique, nous en avons bouffé du poulpe, mais pas (encore) au BBQ. Il est quand même trop fort ce Paul.
Sauf que, coincé dans son aquarium doré, il n’a pas pu se déplacer sur les meilleurs festivals de ce début de saison le Paul ; et çà, c’est quand même moche.
Il ne sait pas ce qu’il a loupé Monsieur le malin, cette jolie période de plein air où il fait bon vivre, bon boire et où l’on s’injecte du live jusqu’à l’overdose.
L’opening était cette année à l’Hippodrome de Longchamp avec de beaux chevaux de bataille musicaux et solidaires. Coincée une partie du temps dans les écuries-backstage, j’ai quand même réussi à pointer mon nez dehors avec joie cette année. Dans les starting-blocks de la 12ème édition de Solidays donc, une affiche éclectique, une ambiance chaleureuse dans tous les sens du terme, et un engagement toujours « in vivo » dans la lutte contre ce foutu sida.
En fin de course, un jackpot record de 168.000 festivaliers et un quinté + gagnant entre « rock chic et électro choc » : outre les “classiques” têtes d’affiches, on retiendra les envolées lyriques frissonnantes des Local Natives et de Florence and the Machine, la consécration de Ghinzu et Kasabian, et la reconversion réussie des ex-Poney Poney de Jamaica.
La canicule a fini de nous achever sur un -M- en grande forme avant de sombrer en after dans les micros d’Izia et de Skip The Use. Jolie édition, ma foi.
Direction Belfort quelques jours plus tard pour participer, pour la deuxième année consécutive, au jury « repérages » des Eurockénnes. Une belle opération destinée à mettre en avant la crème des artistes régionaux au sens large (Grand-Est, Suisse, Allemagne). C’est la suissesse OY cette année qui a remporté la majorité des suffrages. Une artiste atypique à mi-chemin entre l’univers électronica d’Emilie Simon et les expérimentations de This is The Hello Monster. Une personnalité décalée, une voix proche des fantômes de Nina Simone et des lyrics oniriques qui ont séduit le jury. On retiendra pas si loin que çà, la prestation énergique des entertainers de Colt Silvers et le style profond-dément post-rock de RIEN.
Rien à redire, la scène du Club Delville à fait ses preuves à plus d’un titre cette année.
En parallèle, le reste de la programmation de cette 22ème édition était tout aussi léchée et alléchante.
Brumisateur dans le sac à main, casquette vissée sur la tête, on a attaqué ces 3 jours avec aplomb sous un soleil de plomb. On se souviendra des magiciens de la scène rock UK (Two Door Cinema Club, Foals), du rock sexy des Dead Weather, des inclassables mais irrésistibles General Elektriks (qu’on avait loupé à Solidays, çà tombe bien), de LA révélation pop-soul Janelle Monae, du rock orageux des belges de Ghinzu (on ne s’en lasse pas…), du set impeccable proche de l’orgasme du grand seigneur James Murphy, et last but not least, de l’apothéose royalement show-off du King Jay-Z.
Et alors que pour le prix d’un concert on peut s’offrir tout un Solidays, pour le prix d’un festival comme les Eurocks on peut s’offrir bien plus que des concerts : un paquet de festivaliers au taquet, une équipe d’organisation parfaite, des rencontres bucoliques, un micro-climat tempéré par le lac du Malsaucy environnant et un approvisionnement au bar du bouleau sans failles…et même du bio-tiful poisson en guise de ravitaillement…
Y’a pas à dire, déguster un pavé de saumon norvégien frais au BBQ en attendant Jay-Z, c’est définitivement meilleur que du poulpe.
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