Poulpe it up!

12 juil

Nous n’avons parlé que de lui partout (alors pourquoi pas moi ?)…la star poids-lourd toute catégorie du web et des conversations-grenadine en terrasse, l’idole (ou la bête noire ?) des supporters et pronostiqueurs du ballon rond qui a eu raison des plus sceptiques…
Mascotte malgré lui (exit Footix), je ne parle évidemment pas de Casillas ou de Domenech-ta-mère mais bel et bien de Paul, ce poulpe-devin qui est arrivé à tenir en haleine, par ses performances tentaculaires, la planète foot pendant plusieurs semaines (et le reste du monde d’ailleurs, fasciné par tant de talent prémonitoire).
Hasard ? Supercherie ? Intelligence Artificielle ? Quoiqu’il en soit, de l’opinion publique à la sphère médiatique, nous en avons bouffé du poulpe, mais pas (encore) au BBQ. Il est quand même trop fort ce Paul.

Sauf que, coincé dans son aquarium doré, il n’a pas pu se déplacer sur les meilleurs festivals de ce début de saison le Paul ; et çà, c’est quand même moche.
Il ne sait pas ce qu’il a loupé Monsieur le malin, cette jolie période de plein air où il fait bon vivre, bon boire et où l’on s’injecte du live jusqu’à l’overdose.

L’opening était cette année à l’Hippodrome de Longchamp avec de beaux chevaux de bataille musicaux et solidaires. Coincée une partie du temps dans les écuries-backstage, j’ai quand même réussi à pointer mon nez dehors avec joie cette année. Dans les starting-blocks de la 12ème édition de Solidays donc, une affiche éclectique, une ambiance chaleureuse dans tous les sens du terme, et un engagement toujours « in vivo » dans la lutte contre ce foutu sida.
En fin de course, un jackpot record de 168.000 festivaliers et un quinté + gagnant entre « rock chic et électro choc » : outre les “classiques” têtes d’affiches, on retiendra les envolées lyriques frissonnantes des Local Natives et de Florence and the Machine, la consécration de Ghinzu et Kasabian, et la reconversion réussie des ex-Poney Poney de Jamaica.
La canicule a fini de nous achever sur un -M- en grande forme avant de sombrer en after dans les micros d’Izia et de Skip The Use. Jolie édition, ma foi.

Direction Belfort quelques jours plus tard pour participer, pour la deuxième année consécutive, au jury « repérages » des Eurockénnes. Une belle opération destinée à mettre en avant la crème des artistes régionaux au sens large (Grand-Est, Suisse, Allemagne). C’est la suissesse OY cette année qui a remporté la majorité des suffrages. Une artiste atypique à mi-chemin entre l’univers électronica d’Emilie Simon et les expérimentations de This is The Hello Monster. Une personnalité décalée, une voix proche des fantômes de Nina Simone et des lyrics oniriques qui ont séduit le jury. On retiendra pas si loin que çà, la prestation énergique des entertainers de Colt Silvers et le style profond-dément post-rock de RIEN.
Rien à redire, la scène du Club Delville à fait ses preuves à plus d’un titre cette année.

En parallèle, le reste de la programmation de cette 22ème édition était tout aussi léchée et alléchante.
Brumisateur dans le sac à main, casquette vissée sur la tête, on a attaqué ces 3 jours avec aplomb sous un soleil de plomb. On se souviendra des magiciens de la scène rock UK (Two Door Cinema Club, Foals), du rock sexy des Dead Weather, des inclassables mais irrésistibles General Elektriks (qu’on avait loupé à Solidays, çà tombe bien), de LA révélation pop-soul Janelle Monae, du rock orageux des belges de Ghinzu (on ne s’en lasse pas…), du set impeccable proche de l’orgasme du grand seigneur James Murphy, et last but not least, de l’apothéose royalement show-off du King Jay-Z.

Et alors que pour le prix d’un concert on peut s’offrir tout un Solidays, pour le prix d’un festival comme les Eurocks on peut s’offrir bien plus que des concerts : un paquet de festivaliers au taquet, une équipe d’organisation parfaite, des rencontres bucoliques, un micro-climat tempéré par le lac du Malsaucy environnant et un approvisionnement au bar du bouleau sans failles…et même du bio-tiful poisson en guise de ravitaillement…

Y’a pas à dire, déguster un pavé de saumon norvégien frais au BBQ en attendant Jay-Z, c’est définitivement meilleur que du poulpe.

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Is This Happening?

29 mai

James Murphy le laissait transparaître avec le titre de l’excellent nouvel album de LCD Soundsystem paru ce mois-ci : this is happening.
But what’s the f*** is actually happening ?

Le tout premier clip musical français 3D en images réelles vient de sortir en exclusivité et depuis ce matin en home page de Dailymotion! Réalisé par le talentueux Chris Shepard, qui s’est inspiré des travaux de George Rousse, ce clip nous prouve définitivement que les strip-tease sont bien mieux en 3D qu’en 2D…

Puss In Boots – Here and now or never (3D Anaglyphe Version)
envoyé par pussinbootstheband. – Regardez plus de clips, en HD !

Projeté en avant-première jeudi soir dans les studios de Lux Relief lors d’une soirée officielle…ment très réussie, « Here and Now or Never » est le premier extrait du nouvel EP des Puss in Boots à paraître à la rentrée.

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En mai, regarde ce qu’il te plait…mais surtout en 3D (parce qu’on est en 2010 ou on ne l’est pas)

7 mai

Pour inaugurer le post du mois, un événement de taille XXL s’apprête à déferler sur la toile (n’ayons pas peur des mots…) : Puss in Boots (en concert ce soir au Scopitone avec Control) sortira le 19 mai prochain le 1er clip musical français en 3D.
Plus fort qu’Avatar, plus grand qu’Alice au Pays des Merveilles…Ladies and Gentlemen, « Here and Now or Never », nouveau single du groupe tiré de leur prochain EP à paraître innove donc avec un clip black & white en relief rock et sexy, réalisé par le talentueux Chris Shepard. Pour vous mettre l’eau à la bouche, découvrez le teaser réalisé par Robin Dianoux ici :

Je suis prête à parier que les lunettes anaglyphes (les rouges et bleues, bien plus glamour que vos RayBan), vont devenir super “hype” dans quelques jours…

Et puis les lunettes de soleil ne sont de toutes façons plus de rigueur. Ah le mois de mars…heu pardon le mois de mai…La fameuse « saison de la chope » comme me disait une amie récemment. Ouais. Plutôt la saison de la chope de bière pour oublier que remettre un bonnet en laine à cette période de l’année n’est pas n.o.r.m.a.l, et que la saison de la chope de rhino-pharyngite non plus d’ailleurs…

La bonne nouvelle c’est qu’a défaut d’autre chose, on peut « shopper » de la bonne musique qui respire l’Amour avec un grand A. Et polygame ou pas polygame, la musique c’est parfois mieux à deux. Qu’il s’agisse de 2 hommes (les génies de Broken Bells), de 2 femmes (les sœurs new-yorkaises de Cocorosie dont le dernier album est malheureusement presque aussi hideux que sa pochette) ou d’1 homme et d’1 femme (le très yéyé-parfait-pour-mes-prochaines-vacances-à-Malibu Beach « Volume Two » de She & Him), les 1+1 font recettes dans tous les sens, succèdant dignement aux Scarlett Johansson & Pete Yorn, The Do ou The XX…

Je ne saurais donc que trop vous conseiller de découvrir avec grande urgence le duo australien d’Angus & Julia Stone. Après un 1er opus paru en 2006 (« A Book Like This », pour les puristes), ces frères et sœurs originaires du nord de Sydney ont traversé la moitié de la planète en « Big Jet Plane » pour nous délivrer ce qui pourrait bien bouleverser la moitié de la planète folk. Ils viennent nous présenter ce soir et demain soir au Café de la Danse « Down The Way », cet album absolument bouleversant où l’on plane littéralement du début à la fin. De la délicatesse des harmonies vocales à la mélancolie émouvante des mélodies en passant par les sublimes orchestrations acoustiques épurées…les nouveaux « stones » c’est eux.

Www.NewAlbumReleases.net 11 – Draw Your Swords by antoine907

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En avril, découvre-toi d’un fil

13 avr

Ah le Printemps ! Les beaux jours qui reviennent et qui rallongent, la recherche de la terrasse parfaite, le sacré-graal « so parisian » ; celle pas trop blindée (parce qu’on ne veut pas se retrouver sur le trottoir) mais pas trop vide non plus (parce que c’est tellement sympa de regarder passer les gens sur le trottoir), celle où le demi n’est pas cher parce qu’on ne compte pas rentrer tout de suite, celle où l’on se met à rêver des prochaines vacances d’été en fumant sa clope en toute liberté.

Une amie me disait lors d’un dîner qu’elle avait même été émue aux larmes en assistant en direct à la télé londonienne à l’éclosion des premiers bourgeons. Ah le Printemps…celui de Bourges aussi, qui commence aujourd’hui et se prolonge jusqu’à samedi où l’on pourra applaudir PUSS IN BOOTS aux 3 P’tits Cochons à 1H.

Et surtout, au Printemps, on ressort les jupettes imprimées liberty, qui laissent entrevoir nos gambettes imprimées cachet d’aspirine, et on écoute en streaming sur son Iphone le dernier album de MGMT, qui, ont l’espère, bercera jusqu’à l’été nos soirées pic-nic.

Un article paru dans The Independant s’est d’ailleurs penché sur une question ma foi tout à fait de saison : la question du lien entre représentation du corps (dénudé) et musique pop. Un article « de fond » sur les évolutions de la révolution sexuelle dans le monde de la pop féminine.
Là où dans les années 70 des artistes pop loin d’être pudiques (l’exemple est cité de The Runaway) engendraient des émeutes parmi la gente masculine, l’exposition du corps sur scène, en parallèle de l’affirmation sociale et sexuelle des femmes, à depuis fait son chemin. Des clips provocateurs de la Madone au maillot de bain trop petit de Samantha en passant par it’s-Britney-bitch, et plus récemment du buzz national de Make the Girl Dance à l’apogée porn-trash de Lady Gaga en mode sado-masochiste dans son très réussi dernier clip « Telephone »…

…Rien de très neuf sous le soleil vous me direz. Les groupes pop (et pas que) ont toujours joué avec leur image, de manière plus ou moins provocatrice. C’est même une composante incontournable de leur mix-marketing. Et cela ne s’arrête évidemment pas aux artistes féminines (on pense à Iggy Pop, à Marilyn Manson, ou encore au clip pixélisé passé presque inaperçu de Flairs).

On peut ainsi se questionner sur l’intérêt d’un tel article quand on sait que le sexe ou en tout cas la représentation suggérée de la femme en tant qu’objet sexuel ne se limite évidemment pas à l’industrie culturelle mais s’est étendu à d’autres domaines, bien plus scandaleux aux yeux de certains détracteurs, comme celui de la publicité. La récente censure de la dernière campagne de Damien Saez en est un exemple tout à fait parlant quand bien même ce dernier cherchait probablement à dénoncer un système bien plus scandaleux en lui-même : la surenchère du trash et de la marchandisation du corps féminin. Même si c’est pour vendre un concert… ? Oui, le sexe et la nudité de manière générale fascine depuis toujours donc fait vendre. Et l’hypocrisie qui s’y rattache n’en est qu’encore plus scandaleuse. Et pendant ce temps là…des milliers de jeunes hommes et femmes passent leurs journées sur Chatroulette, la real-TV trash des années 2010.

A l’heure où je vous écris, je suis donc tombée sur un phénomène assez étrange qui prend le contre-pied de l’argumentation développée plus haut : la pochette de « As clean as possible » deuxième album de Boogers paru sur le label AT(h)OME le mois dernier, où ce cher monsieur de 34 ans originaire de Tours « ose » se mettre en scène…torse nu. Meow.

Mais ici nous ne sommes pas dans la séduction à proprement parlé (en réponse à une question posée dans une ITW sur le blog savemybrain il répond : « (…) Si c’était pour charmer les filles, j’aurai fait un peu de musculation! Je suis souvent comme ça sur scène et il n’y a qu’une seule raison : quand j’ai chaud j’enlève mon t-shirt. »), plutôt dans une mise à nu de son patrimoine (ses instruments, son look de hobo barbu…).
On découvre à l’intérieur (du disque) un anti-playboy complètement non-identifié dans le paysage pop français mais terriblement attachant. Homme-orchestre à défaut d’être homme-objet, Boogers à bon goût puisqu’il cite parmi ses influences majeures Beck, Deus, ou encore Weezer. Du rock et de la pop donc, mais pas que, avec une pincée de hip hop et une cuillère de stoner. On sent aussi le côté électro sur certains titres, probablement vestiges de son dernier job (ex-batteur de Rubin Steiner).
Certes, son accent anglais n’est pas parfait et son album est peut être un peu bricolo sur les bords ; mais on aime son sens de l’humour, son univers décalé, frais et novateur, ses mini-tubes maxi-efficaces qui rentrent directement dans nos playlists des beaux jours. On l’a loupé sur Paris à la Maroquinerie le 7 avril dernier mais on ira l’applaudir des deux mains le 16 avril à la Bellevilloise dans le cadre des Nuits Zébrées-Nova.

Boogers – I Lost My Lungs by Les3elephants

En avril, quand les filles se découvrent d’un fil, on découvre des garçons qui filent un bon coton. Un plaisir, que dis-je, presque un péché…

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30 seconds to…le mois de mars

10 mar

Mais que s’est-il passé dans la vie des people depuis le dernier post ?

Un article paru dans les Inrocks de cette semaine, puis relayé par Rue89 dévoile une affaire « hallucinante » et hallucinée : dans un livre paru fin 2009, Hank Albarelli, un journaliste américain aurait découvert le mystère de la crise de folie qui frappa le village de Pont Saint Esprit en août 1951. Ce village entier du Gard aurait été la cible d’une expérience secrète sur les effets du LSD, menée conjointement par l’armée américaine et la CIA. Ah ouais.
Ca me rappelle cette histoire racontée par Bill Bryson dans son ouvrage « Down Under » : une secte japonaise aurait procédé dans les années 70 à des essais nucléaires dans l’outback australien sans que personne ne s’en rende compte…
Dis donc les gars, moi aussi je peux me faire asperger de LSD et déclencher un mini tsunami sur le canal st martin ?

Ce qui me fait surtout halluciner, c’est le tsunami musical de ce début mars…(ok, je sors)

On s’est réveillé en forme avec le premier album des irlandais de Two Door Cinema Club. Disons le d’emblée : Two Door Cinema Club n’est pas un groupe révolutionnaire à proprement parlé et je doute même qu’ils aient la prétention de l’être. Les Two Door sont à l’image des Klaxons : des professionnels de l’entertainment, un groupe polaroïd à photo-tube instantanée. C’est frais comme un jus d’orange pressé plein de vitamine C, sans additif mais terriblement addictif.

Mars s’ouvre aussi sur un cap, que dis-je, une péninsule : on s’élève au son des cloches cassées de Broken Bells et de leur album de pop-folk intemporel sortie ce lundi. Un radiateur naturel pour nos oreilles congelées cachées sous notre bonnet 100% laine.

Un duo de barbus fantasmatiques (bientôt mythiques ?) composé de James Mercer, chanteur de The Shins, et du producteur Danger Mouse, connu pour ses talents au sein de Gnarls Barkley et de…Gorillaz, qui en profite pour sortir son nouvel album le même jour, en streaming exclusif sur Wormee.

Paraît que Murdoc à confié son argent à Bernard Madoff, trempé dans le trafic d’armes, et a été poursuivi par des pirates baptisés « The Black Clouds » (Source AFP). Du coup, c’est la fuite vers un île coupée du monde, dernier vestige de l’humanité : Shutter Island. Heu, pardon, Plastic Beach.
En même temps, le délire Da(e)mon-iaque n’est pas si éloignée de la folie Scorsesienne : un casting hollywoodien (Snoop Dog, Mos Def, De la Soul, Lou Reed…Gorillaz se paie même le luxe des services de Bruce Wills dans leur clip “Stylo” – has been le Leo Di Caprio), et un univers qui questionne constamment la frontière subtile entre le réel et le virtuel.

La consécration de l’Irlande après la main de Thierry Henry, le retour de hype de la barbe (sans être barbant), et la thématique insulaire comme métaphore de la fin de l’humanité…Le mois de mars, je vous le dis, commence bien.

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My name is somebody

23 fév

Un article paru dans le Wall Street Journal daté du 17 février dernier traite d’un étrange phénomène qui frappe la créativité artistique : comment trouver un nom de groupe original et unique en 2010 ? Les musiciens sont-ils obligés de se transformer en véritable trademark pour sortir de la masse ? Selon Rovi Corp, il y aurait environ 1,4 million de noms d’artistes dans le monde, dont 29 rien que pour le patronyme John Williams.
John Williams ne me dit absolument rien, mais il me semble que le thème des poneys (!) revenait furieusement au top de la hype ces derniers temps (New Young Pony Club, Poni Hoax, Pony Pony Run Run…), autant d’ailleurs que le noir s’imposait comme le nouveau gris(gris) branché rock (Black Rebel Motocycle Club, Black Lips, Black Kids…).
Certains changent même de nom en cours de route (Le « Love Symbol » TAFKAP Prince), ou se baptisent d’un nom tellement imprononçable (les électro-geek nordiques de Slagsmålsklubben) qu’on ne retient qu’eux.
Pourtant, il existe quelque part un nom terriblement classique et commun, que l’on a l’impression d’avoir entendu des milliers de fois et qui pourtant ne correspond à personne d’autre : Ben Howard.
A tout juste 22 ans et originaire du Sud Ouest de l’Angleterre, ce jeune homme nous a instantanément séduit lors de son passage aux excellentes Jam Sessions Artésiennes « One Shot Not ». Entre Xavier Rudd (pour lequel il a déjà assuré les premières parties), Ray La Montagne (pour le singing-songwriting élégant) et Jack Johnson (pour son côté « i wanna go surfin’ »), on reste admiratif de ce génie des cordes – vocales et instrumentales.
De la gueule d’ange à la gueule de star, il n’y a qu’un pas…

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